D'abord et d'entrée de jeu, il faut dire que l'anorexie et la boulimie ne sont pas dans la même "ligue" de maladie. L'anorexie est une maladie mortelle trop souvent, la boulimie ne l'est pas.
De plus, les fondements de ces maladies ne sont pas aussi profonds bien qu'ils se ressemblent. Ce sont des maladies féminines surtout, bien évidemment.
Parlons ici de l'anorexie.
Ses causes peuvent être multiples mais la base reste une tentative désespérée de reprise de contrôle sur son corps. Il y a la dedans aussi, une "grève de la faim" pour crier quelque chose qu'on ne peut pas dire tout haut.
Dans les cas d'anorexie, il y a souvent de l'abus sexuel dans une forme d'inceste père fille implicite et souvent plus abstrait que concret; de l'inceste psychologique. Il y a souvent de la complaisance et de l'aveuglement volontaire de la part de la mère devant les indices d'un rapport malsain de la part du père envers la fille.
On le sait, la mère et l'alimentation ne font qu'un dans certains réseaux psychodynamiques. De plus, il y a souvent le double discours, qui ressemble un peu à ceci: "Tu engraisses, tu devrais faire attention" et "manges ce qu'il y a dans ton assiette, c'est un repas en famille".
Naturellement, l'histoire du "repas en famille" c'est de la bullshit dans une famille ou le derrière de la fille est reluqué par le père et ou la mère tente, à la fois, de la faire engraisser et, à la fois, de la faire se morfondre pour son poids et de se croire grosse. Et ça, la jeune fille le sait et elle le sent pendant que son frère, qui ne vit aucunement la même dynamique, ne comprend rien à tout ça et mange avec appétit.
Il y a aussi un refus des formes féminines; Encore ici, pour ne pas "vivre" cet inceste psychologique et ne pas s'aliéner la mère. Il y a, dans l'anorexie, un désir de redevenir une enfant.
Bref c'est un cri de l'inconscient; une révolte devant le sort réservé aux femmes dans un monde ou il a des hommes comme son père et des complaisantes "charognardes" (terme de P. Mailloux, ne pas confondre avec charogne) comme sa mère.
Ce n'est pas la "société" qui fait l'anorexie; c'est la famille immédiate. Ça commence par une diète et des résultats. Ces résultats donnent une impression de contôle et c'est grisant quand on sent qu'on en a jamais eu.
Ensuite, on sent qu'on se suicide à petit feu mais qu'on a le temps de voir les gens "regretter" et s'inquiéter et souffrir avant que l'on meure. Notre inconscient fait la grève de la faim et l'enfant en nous ne sait pas encore ce que c'est que "mourir pour vrai". Il y a toujours cette notion de "ils vont le regretter" pendant qu'on ignore qu'on ne peut pas jouir de cette "victoire" quand on est mort.
L'anorexie c'est un suicide et une mutilation. C'est le renard qui préfère ronger sa patte prise dans un piège plutôt que d'y rester. C'est le paradoxe du suicide pour survivre. C'est une conséquence du sort des femmes dans notre société.
Z'avez remarqué que je n'ai pas beaucoup parlé de nourriture?